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La Folk tranquille de Sarah Jaffe

Il y a près d’un an, Sarah Jaffe, une songwriter texane sortait son premier album Suburban Nature. A l’aube de la sortie de son EP The Way Sound Leaves a Room, revenons sur le petit bijou du label Kirtland Records.

13 chansons aussi attendrissantes les unes que les autres. Je ne vais pas vous mentir, cet album risque de vous miner le moral. C’est un peu comme écouter du Damien Rice, avec une voix d’écorchée-vive. Toutes les misères du monde s’abattent sur la texane. Mais qu’est ce qu’elle chante bien. Chaque morceau a sa place sur cet album. A commencer par l’émouvant Before You Go et ses débuts à la guitare acoustique. Les arrangements sont sublimes. Le côté echo rajoute de l’intensité à sa voix. Et alors cet accent…je suis fan 😀

On continue avec Stay with me qui se défend bien  pour laisser place à Clementine (la chanson qui m’a permis de découvrir Sarah) et son change my mind qui reste dans la tête. Puis surgit le transcendant Better Than Nothing, et sa montée en puissance crescendo. Sarah n’est pas une grande voix, mais elle fait parti de ces artistes qui nous surprennent, nous scotchent, nous émeut. Ces chansons prennent vie dés le premier accord de guitare. Et c’est la raison pour laquelle je voulais vous parler de cet album.

Certains la comparerait à Trespassers William, ou encore à Michelle Featherstone, Selah ou Susie Suh. Il n’en est rien. La comparaison est facile mais les textes de Sarah bien personnels. On se laisse prendre au jeu de chaque chanson. Et on imagine aisément un live dans un bar intimiste, les yeux rivés sur la chanteuse…Et on se laisse porter par la musique…

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BB Brunes – Nico Teen Love

On les a connu avec Le Gang en 2006. On les a aimé avec Blonde comme moi en 2007. On les a suivis en 2008 pendant leur tournée. Et en 2009, ils reviennent avec Nico teen love. Et pour le coup, les critiques et les fans sont  » in-love  » de ce dernier opus. So am I. Un Adrien plus en forme que jamais, un nouveau bassiste, une énergie débordante, et des compositions toujours aussi originales ; tels sont les ingrédients de ce nouvel album, plus rock que jamais.

Et pourtant, on les attendait au tournant. Le deuxième album est souvent décisif, en particulier pour un groupe aussi jeune. Mais plutôt que de se laisser formater, les BB Brunes ont préféré imposer leur style rock 70’s. Inspirés par les plus grands (Clash, Beatles, Serge Gainsoburg), le groupe réussit à mélanger poésie et rock.

On entre direct dans le vif du sujet avec Seul ou Accompagné. Un bol d’air frais. Une seule envie : me lever et danser. Un bon rock bien rétro. Léger. Un voyage dans les 70’s très apprécié 🙂 On continue avec Dynamite. Premier single de l’album. Toujours très rock mais un peu moins garage, ce titre brille par la subtilité de son texte.

Ensuite survient le fameux (D)Andy. Non ce n’est pas une reprise des Rita Mitsouko. Et ça n’y ressemble pas du tout ! Une petite song bien sympathique. Certes, elle ne casse pas des briques, mais se laisse écouter facilement. Puis survient un des titres phare du CD : Cola Maya. Une chanson pleine d’energie qui démontre les talents de songwriting d’Adrien. Une belle réussite comparée à la futile Ma Mods. On l’écoute et on l’oublie aussitôt ! De toute façon, il faut bien des chansons inutiles dans un album.

Les BB Brunes peuvent aussi chanter en anglais. Du moins ils essaient dans Lalalove You. Et ça passe bien. Un bon tube, à la limite de la niaiserie (sans jamais la franchir !). Après la langue de Shakespeare, un petit retour dans les 70’s, avec un rock très energique et un texte (peu ou très) subtil : Peut-être pas cette fois. La descendance de BB Baise est assurée 🙂 Par contre, Bouche B est vite oubliée ! Une chanson qui me rappelle un peu (trop) le Crazy de Gnarls Barkley.

Le niveau remonte avec le somptueux Britty Boy. Encore une belle preuve de style signée Adrien Gallo. Sous ses airs de comptine M.La Maudite est d’un terrible ennui. Déjà vu, déjà entendu, on s’ennuie ferme. Heureusement que Black & Blue est là pour reveiller tout ça. Encore une chanson légère qui se laisse facilement écouter.

Et enfin survient le titre qui a donné son nom à l’album. Un petit bijou ce Nico Teen Love. Une chanson qui met très bien en valeur la voix d’Adrien. Ce timbre grave lui va très bien (voire mieux). Comme quoi la douceur leur va bien ! Le texte est encore une fois bien écrit. Un titre qu’on écoute, réécoute, sans se lasser. Malheureusement, Un Quart d’Heure revient trop en force. Les guitares sont assourdissantes, et la voix d’Adrien est bien moins agréable avec ses montés dans les aigus.

Gare au Loup viendra calmer le jeu. Cette comptine bien écrite fera sourire les plus aigris d’entre vous. L’album se termine déjà. Illuminations vient clôturer le deuxième opus. Une chanson sympathique. Mais sans plus. Elle se laisse écouter, mais se fera rapidement oublier. Dans tout les cas, 15 titres à écouter d’urgence. Anti-dépressif garanti.

 


AaRON – Birds In The Storm

23h30. Dimanche 7 novembre. Chaine-Hifi en marche et le dernier AaRON qui tourne en boucle. Je ne m’en lasse pas. Différent sans pour autant rompre avec leur style mélancolique, le duo nous présente un album plus psychédélique que le précédent. Démarrage en douceur avec Ludlow L, suivi de leur premier single Rise. On ressent davantage l’influence de Radiohead et Portishead sur cet album.

Piste 3. Et là le fabuleux single Seeds of Gold qui raisonne depuis 6 mois dans ma tête. D’ailleurs attendre le 4 octobre pour me procurer cet album fut un enfer. En tout cas, je sais pas ce que vous en pensez, mais cette chanson marque une rupture totale avec les autres chansons de l’album. Je me pose même la question de l’emplacement. Pourquoi la mettre en troisième position ? Pourquoi en faire la promotion ? Elle est si différente…mais tellement belle ! C’est une chanson qui redonne espoir, qui fait sourire et en même temps rêver. Lorsque j’ai vu le clip pour la première fois, je l’imaginais de cette manière : les décors, les couleurs. Cette chanson est tout simplement MON coup de coeur de l’album !

On continue avec Waiting for the wind to come. Je crois que c’est la chanson la plus frustrante de l’album. Pendant près de 3 minutes on attend la montée en puissance de la chanson, et rien ! Alors c’est très simple on aime ou on déteste ! Fallait oser quand même ! Pour ma part, j’adhère !

Puis vient le transcendant Inner Streets. Au début, on ne sait pas trop ce qui se passe. C’est un peu faux, Un peu agressif – on ne comprend pas ce qui se passe. Jusqu’au refrain. Entre douceur et musique électronique, émotion et évasion, ce titre est une grande réussite. Un favori de l’album.

Un petit bémol pour Song for ever qui est trop calme, trop sombre. La voix de Simon n’est pas mise en valeur. On écoute le silence pendant 4 minutes. On s’ennuie. Puis le niveau remonte d’un cran avec Arm your eyes. Encore une fois AaRon plante le décor.

Une montée en puissance pour le psychédélique Birds in the Storm. Ce qui est typique au duo, c’est leur manière à eux de scénariser leurs textes et leurs mélodies. Et c’est vraiment tout à leur honneur !

Ensuite les titres « plus posés » mais tout aussi psychédélique The Lame Souls et A thousand wars. Et en bonus, nous avons droit à un titre très pop rock Passengers, inscrit dans la même ligné qu’Inner Streets.

Et on finit par LA déception de l’album Embers qui ressemble étrangement à leur titre Endless Song au niveau de la mélodie. Un véritable raté pour moi. Je n’ai pas pu l’écouter tant Endless Song me revenait en tête à chaque fois.

Bon pour résumer tout ce pavé descriptif et ennuyeux, Birds in the Storm est une véritable réussite. On dit souvent que le second album marque un tournant difficile pour un groupe. Soit le groupe coule, soit il s’inscrit dans la longevité. Défi relevé pour AaRON qui est parti pour duré. Pari osé. 2 ans pour préparer un second, mais la qualité est au rendez-vous. De la pochette de l’album, à la forme du livret, sans oublier le livret en carton et les petits bonus, rien ne manque ! Pour ce second opus, le duo opte pour une pop plus psychédélique (et un peu moins mélancoliques). Les textes sont toujours bien écrits; les mélodies en place. Et leur capacité à nous transporter dans leur univers reste intact. C’est donc un retour gagnant pour le duo 🙂